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Rémi Delekta Homme de choeur



On peut être directeur des ressources humaines en Normandie et exceller artistiquement en Lorraine, dans l’écriture léchée de comédies musicales soignées. Etonnant grand écart géographique, professionnel et culturel pour Rémi Delekta, co-auteur des spectacles musicaux interprétés magistralement par la Troupe de Locksley Mus’, née de la grande aventure de Robin des Bois, en 2012 à Marly.

Un trio magique

C’est par la voix, que Rémi va découvrir l’univers grisant des comédies musicales. Des premiers pas dans la chorale de son école à Château-Thierry, puis une immersion dans différents ensembles vocaux à Metz et Thionville. Equinoxe, le Tourdion, les 2000 choristes, avec une petite diversion vers les Fous chantants d’Alès avec Jacky Locks. Bénéficiant de ces expériences successives enrichissantes ce globe-trotter de la chanson, traverse sans complexe la Manche et intègre une chorale à Oxford où il participe à la mise en scène de Sweeney Todd « cinq semaines de travail incessant pour un résultat exceptionnel ». Travaillant intensément chaque jour, sur son livret le Frenchy de la Bristish bande succombe à la tentation d’écrire sa propre comédie. De retour en Lorraine il retrouve François Xavier Borsi et Ferdinand Bistocchi, à Marly, avec l’envie sous-jacente de frapper un grand coup. Ce trio, très complémentaire imagine alors de mettre en scène une version originale de Robin des Bois. « Du jamais vu en France, avec un personnage de légende incarnant le romantisme, la noblesse, la grandeur, le courage et l’amour. » Tous les ingrédients pour faire revivre ce mythe du Moyen Age, s’exposant à une concurrence inattendue, deux ans plus tard, avec le spectacle écrit autour et pour Matt Pokora « Nous revendiquons néanmoins la paternité de l’idée…mais c’est vrai, nous ne jouons pas dans la même cour. » Succès énorme, 18 représentations en Lorraine, dans le Nord et même en Angleterre. Un budget de 300 000 euros, pour une première particulièrement réussie.

Revisiter le patrimoine de la chanson

A peine le rideau retombé sur cette œuvre subtilement réinterprétée Rémi retrouve ses fidèles compagnons pour travailler sur deux autres reprises, en attendant mieux « l’envie de ne pas se séparer, de continuer à créer ensemble et d’occuper le terrain, durant la gestation d’un autre projet d’envergure. »

2014 « Musicals » voit le jour, sous le signe de Broadway, avec un enchaînement enflammé, parfaitement maîtrisé des grands standards du temple des comédies musicales américaines. Puis deux ans plus tard « France Symphonique », une rétrospective qualitative des succès de Piaf, Brel, Brassens et autre Ferrer « un plaisir énorme de pouvoir ainsi revisiter le patrimoine de la chanson française, avec des fusions subtiles de titres tout à fait décalées, dans le respect scrupuleux des textes de ces monstres sacrés de notre répertoire national ». Quatre années bien remplies et de nouvelles velléités d’écriture « parallèlement à ses deux spectacles remise en selle immédiate pour remodeler à notre sauce Notre Dame ». Un défi insensé compte tenu de l’écrasante notoriété de la version Plamondon «oui et non. Nous nous sommes attachés à peaufiner notre réécriture en intégrant de nouveaux personnages et en nous concentrant sur les titres majeurs de cette œuvre ». Avec, cerise sur le gâteau, l’entrée en scène de Sophie Delmas, une scénariste de renom, rôle principal dans Mamma Mia, coach de The Voice Kid, grande figure de la Comédie musicale « l’heure a donc sonné de s’associer à un talent incontesté pour nous aider à franchir une nouvelle étape. Gommer quelques longueurs dans nos propres interprétations, booster les énergies et apporter une touche encore plus professionnelle aux prestations de notre cinquantaine de bénévoles transcendés à l’idée de collaborer avec cette metteuse en scène d’exception ».

Le cœur et la raison

Résultat de cette alliance magique du cœur et de la raison, un chef d’œuvre en puissance, avec à la clé « Notre Dame - la Malédiction de Quasimodo » qui sera présenté au NEC de Marly les 2 et 3 juin prochains « Quasimodo étant interprété par le déroutant Denis Marcellin, l’un des recordmen de l’émission de Nagui, N’oubliez pas les paroles ».

Encore des salles combles en perspective pour ce mariage du brio musical de l’orchestre symphonique du Conservatoire de Marly et la force de frappe artistiquement déconcertante de la Troupe de Locksley. Et comme l’appétit vient toujours en mangeant, Rémi Delekta remettra le couvert, dans la foulée, avec une grosse production en gestation qui, à ce jour, fait encore partie de son jardin secret « trop tôt pour en parler, mais sachez qu’avec François Xavier et Ferdinand la cinquième création est en route ». Ecrire, déchirer, réécrire, mettre à la corbeille pour aboutir au livret définitif « un exercice compliqué, car nous ne supportons pas de ne pas être unanimes sur la qualité du travail que nous fournissons. C’est notre règle d’or …nous n’y dérogerons jamais ».

Personnage attachant que ce créateur éphémère qui réapparait à la moindre inspiration, comme porté par une vague de fond venue du plus profond de lui-même. Mystérieux chevalier de la plume qui n’en finit pas de caracoler sur les partitions de son imaginaire, abreuvé par un flot incessant de désirs émotionnels exhaussés et de plaisirs artistiques toujours en devenir.

Texte : Christian MOREL


Nos remerciements au Républicain Lorrain pour cet article !

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